Qu’est-ce que l’exposition ?

L’exposition est la quantité de lumière reçue par le capteur d’un appareil photo. Un capteur est constitué d’un grand nombre d’éléments sensibles à la lumière (photosites) qui correspondent en fait aux pixels. Un pixel exprime une quantité de lumière reçue sur une échelle allant de 0 à 255. Quand un pixel ne reçoit pas de lumière, sa valeur est de 0 et représente un noir absolu à l’inverse quand un pixel reçoit le maximum de lumière sa valeur est de 255 et correspond à un blanc pur.

Les limites de l’exposition

Quand on laisse le capteur recevoir trop de lumière, toutes les nuances proche du blanc vont se confondre avec le blanc pur, le capteur ne sera pas alors capable de les distinguer et les codera toutes avec une valeur de 255. Ainsi la photo affichera une masse blanche en lieu et place de détail et de nuances de blancs. On dit dans ce cas que la photo est surexposée et les blancs brûlés.

Esprit photographe - L'exposition : Exemple exposition, photo surexposée © Olivier Gouzien

Inversement, quand le capteur ne reçoit pas assez de lumière, toutes les nuances sombres vont se confondre avec le noir, il sera impossible pour le capteur de les distinguer et elles seront codées avec une valeur de 0. Cette fois la photo affichera des zones noires sans détail. On dit dans ce cas que la photo est sous-exposée et les noirs bouchés.

Esprit photographe - L'exposition : Exemple exposition, photo sous-exposée © Olivier Gouzien

Il est très important de bien maîtriser l’exposition afin de ne pas se retrouver avec des photos sous-exposées ou surexposées. Le post-traitement pourra corriger un peu ces problèmes d’exposition mais jamais complètement.

Le trio magique

Dans un appareil photo, il existe 3 dispositifs à même de modifier l’exposition. C’est grâce à ces 3 paramètres que le photographe va déterminer l’exposition qui sera utilisée pour la photo. C’est paramètres sont :

1 - L’ouverture du diaphragme

L’élément qui laisse passer la lumière dans l’appareil photo s’appelle le diaphragme. Il fonctionne comme l’iris de l’œil qui s’ouvre en fonction de la lumière perçue. Plus le diaphragme est ouvert et plus la lumière passe et inversement.

La taille de l'ouverture se formule à l'aide de la valeur f/ suivi d’un nombre :

- Une valeur f/ et un nombre proche du zéro (f/2,8 par exemple) indique un diaphragme très ouvert

- Une valeur plus élevé (f/16) indique un diaphragme peu ouvert

Les ouvertures les plus courantes varient de f/1,8 à f/32.

Sur le schéma ci-dessous, le diaphragme est symbolisé par un cercle gris anthracite et son ouverture par un cercle jaune. Les indications en blanc indiquent le réglage de l’ouverture. A travers ce schéma, on distingue bien la relation entre ouverture et quantité de lumière perçue par le capteur.

Esprit photographe - L'exposition : Les différentes ouvertures du diaphragme

A savoir : en modifiant l’ouverture du diaphragme on va modifier l’exposition mais également modifier la profondeur de champ.

2 - La vitesse d’obturation ou le temps d’exposition

La vitesse d’obturation est le délai pendant lequel le capteur de l’appareil est exposé à la lumière, elle correspond au temps de pose. Elle se note à l’aide de la valeur 1/ suivi du temps de pose exprimée en seconde (quand elle est inférieure à une seconde). Une valeur de 1/250s correspond au 250ème de seconde.

A savoir : en modifiant le temps d’exposition on va modifier l’exposition mais également modifier la représentation du mouvement (figé VS filé).

3 - La sensibilité ISO

Ce paramètre indique comment le capteur doit interpréter la lumière en le rendant plus ou moins sensible et en lui demandant d’amplifier plus ou moins le signal lumineux. A une valeur ISO basse comme 100, le capteur ne va presque pas amplifier la lumière, il se contente de la traiter comme elle est en réalité. A l’inverse à une valeur élevée comme 3200 ISO, le capteur va beaucoup amplifier la lumière en faisant croire qu’il y en a plus qu’en réalité.

A savoir : en modifiant la sensibilité ISO, on va modifier l’exposition mais aussi la qualité de la photo ; Une grande valeur ISO va générer du bruit parasite sur l’image.

Une échelle de mesure

Quand on fait varier un de ces paramètres, la quantité de lumière est diminuée ou augmentée. Il existe un système de mesure pour quantifier cette variation. Cette unité de mesure relative est nommé généralement « ev » ou « IL » (parfois « diaph » ou « stop ») ; elle indique quand la quantité de lumière reçue par le capteur est multipliée ou divisée par deux.

Les trois tableaux ci-dessous expriment des valeurs standards en photographie. Le passage d’une valeur à la valeur supérieure la plus proche indique que la quantité de lumière reçue par le capteur est multipliée par deux soit +1ev. Par exemple dans le tableau ISO, un changement de valeur de 1600 à 800 a pour conséquence une division par deux (-1ev) de la quantité de lumière reçue.

Tableau ISO

100 200 400 800 1600 3200 6400 12800

Tableau des vitesses d’obturation

1/4000 1/2000 1/1000 1/500 1/250 1/125 1/60 1/30 1/15 1/8 1/4

Tableau des ouvertures du diaphragme

F1,4 F1,8 F2 F2,8 F4 F5,6 F8 F11 F16 F22

La gestion de l’exposition

Tout l’art du photographe est donc de faire varier ces 3 paramètres conjointement pour obtenir rendu et exposition souhaités.

L’appareil photo dispose d’un petit calculateur embarqué capable de calculer une estimation de la « bonne » exposition. Ce calculateur va analyser un par un tous les pixels présents sur le capteur (selon le mode de calcul de l’exposition choisi et l’appareil utilisé) et pour faire la moyenne globale de la quantité de lumière reçue. Si la moyenne a une valeur de 128 (pour rappel 0 = noir et 255 = blanc) alors l’exposition est jugée comme correcte par l’appareil. Cette valeur de 128 correspond à un gris 18% (ou gris moyen) représente la norme pour les constructeurs.

L’appareil photo dispose aussi de modes de prise de vue : AUTO, A, S et M.

Esprit photographe - L'exposition : Les différents modes d'un appareil photo

Mode AUTO : c’est l’appareil photo qui règle lui-même l’ouverture, la vitesse et la sensibilité ISO, ce qui laisse très peu de place pour la créativité…

Mode A : en faisant varier l’ouverture et/ou la sensibilité ISO, l’appareil va calculer automatiquement le temps d’exposition.

Mode S : en modifiant la vitesse d’obturation et/ou la sensibilité ISO, l’appareil va calculer l’ouverture du diaphragme.

Mode M : c’est vous le maître à bord. C’est vous qui faites varier ouverture, vitesse et/ou sensibilité ISO selon l’exposition que vous désirez.

En conclusion

L’exposition est un des piliers de la photographie. En connaitre tous les rouages vous permettra d’abandonner définitivement le mode AUTO et fera de vous, un meilleur photographe.