Esprit photographe a rencontré la photographe June Richards à l’occasion de la sortie de la première partie consacrée à l’hiver de sa série « Amérindien ».

Esprit photographe - Interview June Richards - Photo Amérindien hiver 17

Amérindien - L'hiver © June Richards

June, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle June. Il s’agit d’un surnom que je porte depuis un petit moment déjà.

J’ai 24 ans et j’ai commencé à bidouiller sur un appareil photo compact au lycée. Je me suis réellement intéressée à la technique photographique et au traitement des photos quand je suis entrée en possession de mon réflex, fin 2012. Je suis une photographe amateur et autodidacte. La photo est une passion.

Esprit photographe - Interview June Richards - Rouge sang

Rouge sang © June Richards

Quel regard portes-tu sur ton approche photographique ?

En photo, une chose me plait et me galvanise énormément : il s’agit du « regard de la première fois ». C’est un regard neuf et éphémère posé sur un objet, une lumière, un visage, un détail. C’est un regard qui se développe avec le temps et qui permet d’immortaliser tous les petits riens qui nous entourent. Evidemment, certaines photos demandent de la réflexion, une mise en scène, mais à mon sens, ce « regard de la première fois » est toujours indispensable.

Esprit photographe - Interview June Richards - Portrait

© June Richards

As-tu un style privilégié ?

Je ne pense pas avoir de style bien arrêté. Je peux réaliser des portraits comme des clichés de paysages ou des photos de rue. Je m'essaie également à la photo macro ou aux autoportraits.

Quels matériels et logiciels utilises-tu pour travailler ?

Je shoote actuellement avec mon premier et seul réflex : le Canon Eos 600D. Dans un premier temps, j’ai préféré investir dans des optiques et cherché à maitriser pleinement mon matériel actuel avant de changer pour un appareil photo plus performant. Je travaille avec un 50mm 1.8, un macro 100mm et un grand angle 10-22mm.

Côté post-traitement, j’utilise Photoshop que j’ai aussi appréhendé en autodidacte.

Esprit photographe - Interview June Richards - Photo Amérindien hiver 2

Amérindien - L'hiver © June Richards

Quelle est la genèse de ta série « amérindien » ?

L’idée de ce projet s’est construite petit à petit pour devenir avec le temps une évidence.

J’ai toujours été très attirée par l’univers amérindien. La place importante de la nature, la grande simplicité du mode de vie sont des fondements de cette culture qui m’interpellent. Ces valeurs font d’ailleurs à mon avis cruellement défaut dans notre société.

Depuis combien de temps cette série a débuté ? 

Elle a réellement commencé dans mon esprit depuis novembre dernier. Il s’agit d’une continuité et en même temps d’une rupture dans mon travail. Continuité parce qu’elle s’inscrit dans mon évolution de photographe et une rupture car c’est un projet d’une envergure toute nouvelle pour moi.

Cette démarche est en partie un défi vis à vis de moi-même.

Peux-tu nous parler du lieu du shooting et en particulier du contexte ?

Avant tout une précision :  le shooting a été prévu pour se dérouler en trois fois sur l’année 2016, c’est-à-dire en hiver, au printemps/été et en automne. Pour l’instant, j’ai réalisé la partie Hiver.

Pour la partie hiver, la forêt s’est imposée comme le décor naturel dans lequel j’ai souhaité intégrer un autre élément. L’idée d’un lac illustrant par sa couleur froide le caractère hivernal que j’avais en tête, m’a séduit.

En recherchant par Internet, j’ai découvert la forêt de Carnelle tout près de Saint-Martin du Tertre dans le Val d’Oise. Cette forêt abrite un lac artificiel de couleur bleu-vert creusé dans une ancienne carrière. Avec mon amie et maquilleuse Émeline, nous sommes parties en repérage et malgré un temps gris, nous avons été bluffées par le visuel qui s’offrait à nous.

Côté météo, la neige aurait évidemment été parfaite. Malheureusement, il en a été autrement !

Esprit photographe - Interview June Richards - Photo Amérindien hiver 6

Amérindien - L'hiver © June Richards

Comment as-tu choisi ton modèle ?

Pour trouver mon modèle, là aussi Internet m’a bien aidé : membre d’un groupe mettant en relation modèles et photographes sur Facebook, j’ai posté une annonce et reçu des candidatures assez rapidement. J’avais une idée bien précise de mon Amérindienne. Le profil d’Émilie m’a tout de suite séduit par sa personnalité et sa présence devant l’objectif.

Esprit photographe - Interview June Richards - Photo Amérindien hiver 4

Amérindien - L'hiver © June Richards

Comment as-tu procédé pour le maquillage et l’éclairage ?

Concernant le maquillage, le choix était déjà fait depuis longtemps. J’ai fait appel à Émeline, une très bonne amie esthéticienne rompue à l’art du maquillage.

J’ai aussi fait appel à un ami proche qui connaît bien la photographie pour ce shooting. Des photos backstage, aux idées de prises de vue, en passant par le changement des objectifs, Jay a été un assistant hors pair !

L’éclairage s’est imposé à moi très rapidement : rien de mieux que la lumière naturelle pour un projet comme celui-ci. J’ai travaillé sans le moindre réflecteur et en utilisant le jeu entre soleil et nuages.

Pour le costume, les recherches ont été longues notamment pour la fameuse coiffe à plumes ! Par souci d’authenticité, je voulais absolument une coiffe « faite main ».

Esprit photographe - Interview June Richards - Photo backstage

Scène backstage de shooting de la série Amérindien - L'hiver © Jay Fauntleroy

La présence des loups dans tes photos est un élément très fort, peux-tu nous en dire plus ?

En réalité, ce sont des chiens-loups. Cette idée m’a paru bien adaptée à cette session « Hiver ». Les chiens-loups de Saarloos* correspondaient en effet exactement au rendu voulu. Encore une fois, les réseaux sociaux m’ont permis d’entrer en contact avec la charmante Laëtita. Elle a su analyser mes besoins pour m’orienter vers des chiens malléables et obéissants - Yoshino et Kishin -  avec la participation aussi (plus réticente) d’India, un peu moins à l’aise !

*Race de chien issue d'un croisement entre un berger allemand et une louve européenne.

Comment as-tu financé ce travail ?

La participation du modèle et de la maquilleuse se faisant sur le principe d’une collaboration, tout allait bien !

En revanche, le costume ainsi que le déplacement des chiens ont été à ma charge. Pour alléger un peu les frais, j’ai lancé une cagnotte avec pour chaque participation financière, un tirage photo 20x30 offert. J’ai pu ainsi financer une partie du costume.

Quel matériel as-tu utilisé et dans quelles conditions ?

Pour la prise de vue, j’ai utilisé mon Canon Eos 600D et selon les prises de vue désirées, mon 50mm 1.8 ou mon grand angle 10-22mm.

J’ai travaillé sans flash en mode manuel avec une grande ouverture et en format RAW + JPEG.

Comment as-tu dirigé le modèle ? Avais-tu prévu à l’avance les compositions ou était-ce improvisé ?

Émilie avait déjà une expérience de pose. Par conséquent, les prises de vue ont été assez instinctives notamment avec les animaux. Le fameux « regard de la première fois » a été primordial avec un travail sur le vif.

J’avais évidement des idées de composition. Certaines ont pu être réalisées et d’autres non, par manque de temps.

Esprit photographe - Interview June Richards - Photo Amérindien hiver 16

Amérindien - L'hiver © June Richards

Combien de temps a duré cette séance de shooting et combien de photo as-tu pris ?

La durée de shooting à proprement parler a été de 5 heures environ. A cela s’ajoutent le temps de maquillage ainsi que le trajet en forêt de Carnelle soit un dimanche complet de 9h à 19h.

Environ 500 photos ont été prises.

Comment as-tu fait l’editing (le choix des photos) ?

Lors de la prise de vue, certaines photos ressortaient déjà du lot. J’ai commencé par celles-ci. Je n’ai pas voulu faire de doublons au niveau du choix, particulièrement pour les photos avec les chiens.

Quelles ont été les principales étapes de la post-production ?

J’ai utilisé Photoshop en ajustant principalement la luminosité et le contraste et en jouant sur la balance des couleurs pour obtenir des teintes plus hivernales. Aucun traitement n’a été effectué sur la modèle par souci de représentation la plus naturelle possible.

Esprit photographe - Interview June Richards - Photo Amérindien hiver 13

Amérindien - L'hiver © June Richards

Où peut-on voir cette série ?

Mes photos sont diffusées sur ma page Facebook, sur Flickr, Deviantart et bientôt sur mon futur site internet.

Je compte également présenter mes photos des sessions hiver et printemps/été à la 3ème édition des Rencontres photographiques du Riviatora.

Comptes-tu commercialiser cette série ou bien quelques photos extraites de la série ?

Une fois la série terminée, je proposerai surement un livre regroupant les plus beaux clichés et des tirages à la demande. Pourquoi pas un calendrier pour fin 2016 ?

Je ne dispose malheureusement pas du matériel pour imprimer mes photos et je dois avouer que ce n'est pas une chose que je maitrise vraiment : pour cela, place aux professionnels !

Où peut-on voir ton travail ?

Mon travail est visible sur plusieurs plateformes de partage de photos comme Flickr ou Deviantart.

Je suis également très active sur les réseaux sociaux et notamment sur Facebook où j’ai créé depuis un petit moment déjà ma page photo.

Une idée de site internet commence à voir le jour dans mon esprit mais il ne s’agit à l’heure actuelle que d’un projet.

Flickr : https://www.flickr.com/photos/-june-photography-/

Deviantart : http://june-photographie.deviantart.com/

Facebook : www.facebook.com/junerichardsphotographie/

As-tu un rêve photographique ?

L’une des choses que je souhaiterais le plus réaliser dans mon travail, serait de me lancer dans un grand et long voyage passant par l’Europe du Nord, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis et le Canada afin d’immortaliser ces paysages incroyables avec ou sans la présence de l’Homme.