Que vous photographiez en utilisant le mode automatique de votre appareil photo ou bien en le réglant vous-même, il arrive parfois que vous obteniez des images floues, sans d’ailleurs savoir pourquoi. La cause est souvent à chercher parmi quatre types de flou.

1 - Le flou de bougé

Le flou de bougé est directement provoqué par les mouvements involontaires et souvent imperceptibles du photographe.  Le flou de bougé trouve son origine dans :

A – Un appareil photo mal tenu ou mal stabilisé

Il faut utiliser ses deux mains : une qui se place sous l’appareil pour venir le soutenir et l’autre qui tient la poignée avec l’index sur le déclencheur. Il faut avoir les bras collés le long du corps avec les avant-bras pliés pour viser. L’appui au sol est aussi très important, les pieds doivent être légèrement écartés et les jambes un peu fléchies pour garantir une bonne stabilité.

Il faut aussi activer la stabilisation de l’appareil (ou de l’objectif) car cette fonction quand elle est présente sur votre matériel est très efficace pour compenser les mouvements du photographe ; elle permet ainsi d’utiliser des vitesses d’obturations plus lentes tout en évitant le flou.

Esprit photographe - pourquoi vos photos sont floues - château de Vendôme

© Olivier Gouzien

B – Une vitesse d’obturation trop lente

Pour une photo à main levée, plus la vitesse d’obturation est lente et plus il y a de chances de créer des flous de bougé. La taille de la focale est aussi un élément à prendre en considération pour ce type de flou, plus la focale est importante et plus les mouvements du photographe sont amplifiés.

Pour en savoir plus sur comment éviter les flous de bougé, reportez-vous à notre article : 6 clés pour éviter les flous de bougé

2 – Le flou de mise au point

La mise au point permet de rendre net un élément précis de votre composition, votre sujet. Selon le mode de mise au point et/ou la zone de détection du sujet, il se peut que l’appareil fasse la mise au point à côté de votre sujet, provoquant ainsi du flou.

Il existe deux fonctions essentielles pour la mise au point :

A – Le mode AF

Cette fonction va indiquer à l’appareil s’il doit faire la mise au point en une seule fois (AF-S ou One Shot) en appuyant à mi-course sur le bouton de déclenchement ou bien de manière continu (AF-C ou AI Servo) tant que vous appuyez sur le bouton. Le mode AF en continu s’utilise quand le sujet est en mouvement.

Esprit photographe - pourquoi vos photos sont floues - voiture de stock car prise en filé

© Olivier Gouzien

B – La zone AF

Votre appareil photo est équipé de plusieurs petits dispositifs électroniques dans le viseur, des collimateurs. La mise au point est faite sur un ou plusieurs de ces collimateurs choisis par le photographe ou automatiquement par l’appareil.

Pour en savoir plus sur les modes AF, consultez notre article : Les modes autofocus

3 – Le flou de profondeur de champ

La profondeur de champ est la zone de netteté visible dans le sens de la profondeur. Tout ce qui se trouve hors de cette zone de netteté est plus ou moins flou ; plus on s’éloigne de cette zone et plus le flou est intense ou prononcé.

Plus la profondeur de champ est petite et plus le flou devant et derrière votre sujet - si la mise au point est faite sur celui-ci – est intense. La création de flou de profondeur de champ – appelé aussi bokeh – peut être un avantage pour isoler un sujet.

Esprit photographe - pourquoi vos photos sont floues - petites fleurs

© Olivier Gouzien

La profondeur de champ est directement liée à l’ouverture du diaphragme, à la focale de l’objectif et à la distance de mise au point. Pour agrandir la profondeur de champ, et donc la zone de netteté, on ferme d’avantage le diaphragme, par exemple en passant de f/2,8 à f/8.

La profondeur de champ augmente aussi (pour un point de vue et un cadrage identiques) si l’on s’éloigne du sujet sur lequel la mise au point est faite ou si l’on diminue la taille de la focale (pour un point de vue et une distance identiques).

4 – Le flou de mouvement

Esprit photographe - pourquoi vos photos sont floues - un sujet très rapide

© Olivier Gouzien

Quand le sujet de déplace rapidement et que la vitesse d’obturation n’est pas suffisamment élevée, il laisse une trace plus ou moins floue marquant son déplacement, c’est ce qu’on appelle le flou de mouvement. Deux solutions s’offrent alors au photographe :

A – Figer le mouvement

Il faut pour cela opter pour une vitesse d’obturation très élevée pour figer le sujet dans son déplacement et donner ainsi l’impression que le temps est arrêté. Cette vitesse d’obturation dépend directement de la vitesse à laquelle se déplace le sujet et aussi de sa position (éloignement) par rapport à son appareil photo. En règle générale, une vitesse d’au moins 1/1000s est nécessaire pour figer un mouvement.

B – Faire un filé

Cette technique est un peu plus complexe à mettre en œuvre. Le principe est de suivre le sujet pendant son déplacement et de déclencher tout en continuant à la suivre. La vitesse d’obturation à utiliser est de l’ordre de 1/60 s à 1/100s.

5 – La sensibilité ISO

Le capteur d’un appareil photo est conçu pour recevoir la lumière, transformer cette information en courant électrique et envoyer ce courant vers le logiciel de l’appareil pour créer une image.

Augmenter la sensibilité du capteur revient à augmenter la puissance des signaux électriques envoyés au logiciel avec pour conséquence une augmentation de « bruit » présent sur la photo. C’est l’excès de ce « bruit » qui peut donner un effet de flou et de mollesse aux photos. Il est malgré tout souvent judicieux d’augmenter la sensibilité pour conserver une vitesse d’obturation suffisante pour éviter les flous de bougé ; mieux vaut avoir en effet une photo un peu bruité qu’une photo floue. Tout est une question d’équilibre car trop de bruit sur une image est nuisible : les détails sont diffus et les contours mal définis.

Cet équilibre correspond en réalité à la limite de sensibilité à utiliser qui dépend directement de votre appareil photo. En général, plus l’appareil est récent et haut de gamme et plus il sera capable de bien gérer l’augmentation de la sensibilité. Il n’est pas rare de trouver des appareils très performants à  3200 ISO et parfois beaucoup plus.

Esprit photographe - pourquoi vos photos sont floues - un pont trop loin

© Olivier Gouzien

En conclusion

La photo est pleine d’écueils et le flou est un des plus fréquents. Mais le flou c’est aussi un outil artistique exceptionnel, ce qui le rend donc aussi indispensable ! Il n’y a pas de mauvais flou que celui qui n’est pas désiré.