Préambule

Qui peut dire réellement qu’une photo est réussie ou pas ? Personne sauf vous et juste pour vos photos. Les quelques exemples ci-dessous correspondent à mon ressenti. Ils ne sont en aucun cas exhaustifs et encore moins une garantie infaillible pour rater vos photos... mais j’espère qu’ils vous donneront quelques pistes.
En trois parties, je vous propose donc de voir quelques-unes des méthodes pour rater vous aussi vos photos. L’erreur est souvent facteur de progression là où la réussite est facteur de régression.

L’importance du sujet pour bien se planter

Pour rater ses photos plusieurs méthodes facilement assimilables sont à notre disposition.
A tout seigneur tout honneur, commençons par l’intérêt du sujet. S’il n’y a pas réellement de mauvais sujets, il y en a par contre qui sans contexte ou sans intention définie sont inintéressants, cela se traduit souvent par un : mais pourquoi il a pris ça en photo ?

Utiliser un effet d’optique

En mode touriste, je promène mon boitier dans le jardin Rodin à Paris à la recherche de sujets mettant en valeur les sculptures. Et tout d’un coup, là devant moi, un effet d’optique des plus amusants… enfin quand j’ai regardé la photo chez moi, je n’ai finalement pas trouvé ça si drôle. Le problème, c’est que sur place en tournant autour du sujet et en modifiant mon point de vue, j’aurais certainement eu une photo moins commune. D’ailleurs, sur ce point, tapez « tour de Pise » sur Google et sélectionnez images, ça vaut vraiment le coup !
En présence d’un sujet qui vous attire, chercher toujours le meilleur point de vue.
Sinon la photo n’est pas vraiment ratée et elle fait rire mon petit neveu, ce qui n’est déjà pas si mal.

Esprit photographe - Rater ses photos 1/3 : Une exmple d'effet d'optique © Pierre Garance

© Pierre Garance

Faire une photo avec son ombre

La tendance, c’est le selfie. Alors je peux presque dire que la photo ci-contre est réussie.
J’ai tenté plus d’une fois de prendre mon ombre et à chaque fois, le succès n’était pas au rendez-vous excepté pour amincir ma silhouette !
Ce sujet est très emblématique des choses que l’on tente et qui n’ont à priori aucun intérêt mais qui « façonne l’œil ». Alors déclenchez sur tout et n’importe quoi mais s’il vous plait, sachez être critique et reconnaître objectivement la valeur de votre sujet et de votre image.

Esprit photographe - Rater ses photos 1/3 : Les ombres © Pierre Garance

© Pierre Garance

Vouloir faire du graphisme pour faire du graphisme

Quelque chose a attiré mon regard sans savoir réellement quoi. J’ai déclenché sans réfléchir et sans intention particulière. Si le sujet est bien mis en valeur par l’opposition entre les verticales, la texture, la tonalité de la barrière et les autres éléments de l’image, le sujet n’a vraiment aucun intérêt, hormis peut-être pour un « barrièrophile ». Comme quoi, le graphisme ce n’est pas aussi simple.
Cet exemple a ceci de significatif qu’il montre l’importance de l’intention de ce que l’on veut : montrer, décrire, prouver, raconter, etc.
Demandez-vous toujours pourquoi un sujet vous attire ou vous a attiré, c’est le moteur de vos futures inspirations.

Esprit photographe - Rater ses photos 1/3 : Une exemple de graphisme © Pierre Garance

© Pierre Garance

Ne pas (ou ne plus) avoir de sujet

Elle aurait pu être pas mal celle-là, dommage que j’ai déclenché trop tard. Quelques secondes plus tôt et le piéton se détachait de l’arrière-plan. Alors les flèches rouges auraient guidé le regard vers le piéton et marqué l’opposition entre mannequins et humain. Au lieu de cela, l’homme se confond avec l’arrière-plan ce qui ne présente plus aucun intérêt pour l’image. La photo n’a plus de sujet. J’aurais dû attendre de meilleures conditions.
La patience est une vertu nécessaire au photographe. L’attente du bon moment est indissociable de la qualité d’une photo.

Esprit photographe - Rater ses photos 1/3 : Le piéton © Pierre Garance

© Pierre Garance

Avoir un sujet partiel

Autre cas de figure, j’ai devant moi un monument, la colonne de la place de la Bastille, qui est surplombée par un génie que je souhaite mettre en valeur. A la vision de ma photo, je m’aperçois que la colonne et le génie forment un tout indissociable ce qui n’est pas le cas sur l’image où la colonne est tronquée.
La force d’un sujet est souvent liée à la vision de son ensemble, voire de son contexte. En détachant une partie, il y a un risque de dénaturer sa représentation.

Esprit photographe - Rater ses photos 1/3 : La Bastille © Pierre Garance

© Pierre Garance

Avoir plusieurs sujets sur une même photo

Un dernier exemple de plantage. Sur cette image, j’ai 3 sujets différents : les affiches, le tag et le bâtiment quelque peu « destroy ». Le problème sur cette photo, c’est qu’aucun des trois ne se détache vraiment. Il forme un conglomérat quelconque.
Trop de goût, tue le goût, il en est souvent de même en photographie quand on parle de sujet. Trop de sujets égarent l’interprétation et le sens d’une photo.

Esprit photographe - Rater ses photos 1/3 : Les affiches © Pierre Garance

© Pierre Garance

En conclusion

En matière de photos ratées ou peu satisfaisantes, le sujet porte souvent sa part de responsabilité. Il n’y a pas de règles pour différencier un bon d’un mauvais sujet, chacun voit midi à sa porte. A vous de déterminer vos propres règles et ressentis sur cette question.
Néanmoins, il est important de noter que le sujet doit toujours être porté par une intention (décrire, raconter, signifier,...) et par sa démonstration: j’ai voulu montrer que...et j’ai réussi ou pas !
L’inspiration passe par cette étape.
Pour finir, notez que l’expression artistique est personnelle et obéit à des règles et à leurs transgressions.