Développer et traiter ses photos avec un logiciel dédié de type Lightroom est une étape indispensable pour obtenir le meilleur de vos photos. Les outils fonctions permettent rapidement d’arriver à ses fins, à condition de bien les maitriser au risque d’obtenir une image caricaturale. Voici quelques exemples de résultats malheureux…

Le tatouage de son œuvre

Voici comment défigurer sa photo en la rendant illisible. On perd tout le travail fait sur la composition et on risque de passer pour un photographe mégalomane et doté d’un mauvais goût. La discrétion est obligatoire pour une signature.

Esprit photographe - Rater son post-traitement : Tatouage, watermark ou signature d'une photo © Olivier Gouzien

© Olivier Gouzien

La saturation

En regardant cette photo on suppose que cette charmante personne adore les carottes ou bien que le photographe a eu la main lourde sur la gestion de la saturation. Trop de saturation rend rapidement une photo caricaturale et c’est encore plus vrai dans le cas des portraits.

Esprit photographe - Rater son post-traitement : Excès de saturation © Olivier Gouzien

© stockvault

La désaturation partielle

Dans les années 80, la désaturation partielle était à la mode comme les survêtements fluo et les tennis à velcro. On en trouve à foison sur le net et dans le catalogue d’Ikea (bon moyen de s’entraîner à la reconnaître !) Cet effet est démodé et n’est même pas kitch ; évitez de montrer ce genre de photo et placez-les dans un tiroir secret de votre PC en attendant que cet effet redevienne tendance, à la mode, vintage, in, top, de la bombe, décalé,…

Esprit photographe - Rater son post-traitement : Désaturation partielle © Olivier Gouzien

© Olivier Gouzien

Le vignettage blanc

Autant le vignettage noir peut apporter un côté dramatique à une photo, autant le vignettage blanc n’apporte à une photo qu’un côté désuet, une ambiance guimauve et faussement romantique.

Esprit photographe - Rater son post-traitement : Vignettage blanc © Olivier Gouzien

© Olivier Gouzien

 

Le flou de l’arrière-plan

Simuler un flou sur un arrière-plan net n’est pas une aussi bonne idée qu’il y parait. La netteté va en effet être modifiée uniformément, sans respect des différents plans, ni de la profondeur de l’image. Il est toutefois possible d’augmenter, modérément, le flou d’un arrière-plan quand celui-ci est déjà flou mais en faisant attention aux zones de transition sinon l’effet « Tilt Shift » est assuré.

Esprit photographe - Rater son post-traitement : Le flou d'arrière plan, le faux bokeh © Olivier Gouzien

© Olivier Gouzien

Le passage en noir et blanc

Convertir une photo couleur en une photo noir et blanc est un art très délicat et se contenter de désaturer totalement sa photo n’est certainement pas la bonne solution. Un pixel dispose de 3 composantes : la couleur, la saturation et la luminosité. Passer en noir et blanc revient à supprimer la couleur et la saturation des pixels, seule la luminosité est conservée et à luminosité égale, un rouge, un bleu, un jaune donneront le même gris. Une réelle conversion en noir et blanc implique d’utiliser un mélangeur de couleurs disponible sur les logiciels de retouche de bonne qualité.

Esprit photographe - Rater son post-traitement : La conversion noir et blanc © Olivier Gouzien

© Olivier Gouzien

La clarté négative

La clarté permet de modifier les micro-détails. En l’augmentant, un logiciel de retouche met plus ou moins en évidence les détails de vos photos en modifiant les contours et les ombres. On l’utilise souvent pour donner du relief à la matière. En diminuant la clarté, votre photo va s’adoucir et perdre des détails, c’est assez efficace quand on l’utilise avec modération sur les portraits pour adoucir les traits. En revanche, avec excès on obtient un résultat fade et faussement rétro.

Esprit photographe - Rater son post-traitement : La clareté négative © Olivier Gouzien

© Olivier Gouzien

La sélection d’une zone

Pour appliquer un effet partiel ou circonscrit sur une photo, il faut définir une sélection. Cette sélection se fait à l’aide d’outils spécifiques comme des filtres rectangulaires ou circulaires et des divers pinceaux.
Sur l’exemple ci-dessous on a appliqué un effet intense en abaissant l’exposition du ciel pour l’assombrir et lui donner du volume. La sélection du ciel a été très grossière, en particulier dans le « détourage » de la tour Eiffel, ce qui provoque un effet de halo et laisse un goût de travail bâclé !

Esprit photographe - Rater son post-traitement : La sélection d'une zone © Olivier Gouzien

© Olivier Gouzien

Le HDR

Le HDR permet d’obtenir de bons résultats quand la scène photographiée a une grande dynamique avec des zones sombres et des zones claires intenses (voir l’article sur le HDR). Là encore un traitement HDR trop poussé est synonyme de caricature. La « mode » du HDR poussé a vécue pour cause d’indigestion. Le HDR est un outil redoutable alors utilisez-le avec parcimonie.

Esprit photographe - Rater son post-traitement : Le HDR © Olivier Gouzien

© Olivier Gouzien

Le photomontage

Une bordure blanche sur une photo en noir et blanc permet de mettre en évidence la photo par un simple jeu de contraste. Un photomontage très typé comme celui-ci est souvent une représentation très personnelle et qui ne va intéresser que peu de personnes. Si c’est une expérimentation alors gardez-la pour vous, si c’est votre style alors allez-y à fond !

Esprit photographe - Rater son post-traitement : Le photomontage © Olivier Gouzien

© stockvault

En conclusion

Ces exemples sont caricaturaux à dessein. Ils illustrent les erreurs liées aux post-traitements trop exagérés. Il est néanmoins important de noter que la photographie est un espace de création qui autorise toutes les réalisations même celles aux traitements poussés, si c’est le choix du photographe. Une bonne photo est d’abord une photo qui ressemble à son auteur, qui reflète ses intentions et qui assume les choix du photographe et par extension les critiques.