L’utilisation des motifs urbains et en particulier la signalisation routière permet souvent de réaliser de jolies compositions graphiques et de souligner tel ou tel côté d’une ville.

Sur cette photo, les lignes blanches sur un bitume gris, combinées à des formes de couleurs différentes donnent à la ville l’aspect d’un tableau géométrique un peu abstrait. Au-delà de l’esthétisme de la scène, on devine l’omniprésence de l’automobile.

Esprit photographe - La photo par l'exemple - Faire une photo graphique avec des motifs urbains

© Pierre Garance

Conditions de prise de vue

Nous sommes au mois d’octobre dans une ville du pays bigouden (Finistère) dont l’activité reste la pêche, une tradition séculaire pour cette commune. Les murs des maisons ont des couleurs vives comme souvent les maisons de pêcheurs. Il est 14h et même si le temps est ensoleillé, le soleil à cette époque de l’année est peu lumineux et les couleurs moins éclatantes qu’en été.

Cette photo a été prise au maximum du recul possible (dos au mur d’une maison).

Matériel utilisé

Boitier Nikon D90 avec un zoom Nikon de 16/85 qui ouvre à f/3,5 - f/5,6. Un reflex pourvu d’un objectif assez lourd et un peu encombrant mais très bien adapté par sa focale (notamment le grand angle) pour une photo qui nécessite un plan large comme c’est le cas ici. Le boitier était réglé sur le mode « priorité ouverture ».

Réglages

Pour cette photo, la priorité était d’utiliser une sensibilité ISO faible pour disposer d’un beau rendu.

  • Ouverture à f/9 : la plus grande ouverture possible en tenant compte des ISO et de la vitesse. Cette ouverture permet néanmoins de disposer d’une bonne profondeur de champ et d’avoir l’ensemble des motifs du passage piéton à peu près net
  • Vitesse de 1/60 s : fixé automatiquement par le boitier à partir de l’ouverture. A cette vitesse et compte tenu du poids de l’appareil, une tenue ferme du boitier est indispensable pour éviter le flou de bougé.
  • Focale fixe de 18 mm (27 mm en équivalent 24x36) : pour agrandir le champ de vision au maximum de ce que l’on pouvait faire. La focale augmente l’aspect un peu cylindrique de la route ce qui va plutôt bien avec la photo.
  • Balance des blancs réglée sur « auto ».
  • ISO à 100 : plus la sensibilité est basse et plus le piqué est important. A cette sensibilité, le bruit est presque invisible.
  • La mise au point a été effectuée sur la troisième bande du passage piéton soit sur le tiers haut droit de la photo.

Format et mise en scène

La scène est tronquée pour représenter seulement les motifs. La composition met en valeur les diagonales de l’image.  A la prise de vue, le cadrage est vertical pour enfermer le passage piéton entre les deux bords et opposer ses lignes aux rectangles du stationnement interdit. La ligne jaune accentue cet effet.

Post-production

  • Un recadrage important pour faire disparaitre la maison d’en face qui compte tenu de sa couleur attirait trop le regard.
  • Le contraste global a été renforcé et les couleurs rendues plus éclatantes par une sursaturation.
  • Un vignetage noir aux bords de l’image a été apporté pour enfermer un peu plus la composition.
  • Une pointe de flou a été ajoutée sur l’arrière-plan.

En résumé

La signalisation urbaine, sur les murs ou les routes, est un sujet de choix pour un photographe. Qu’il s’agisse de formes différentes, de couleurs qui s’opposent ou de lignes qui se croisent, le choix est souvent vaste. Pour cette photo, la composition a emprisonné le sujet à l’intérieur d’un cadre pour éliminer son contexte ; c’est un choix... parmi d’autres.