Dans une compétition sportive il est souvent difficile d’être au cœur de l’événement ou dans la peau d’un des participants.

Dans l’exemple ci-dessous, nous avons voulu donner l’impression au lecteur de participer à l’arrivée comme le fait un « driver » (celui qui pilote) qui donne un coup d’œil à gauche pour s’assurer de sa position dans la meute.

Esprit photographe - Une photo par l'exemple - Utiliser le gros plan pour être au cœur d’une action

© Olivier Gouzien

Conditions de prise de vue

Nous sommes en bord de piste, sur la ligne droite d’arrivée, juste derrière la barrière de protection. Il s’agit d’une course nocturne de trot attelé où le driver est assis sur le sulky (petite voiture à 2 roues attachée à l’arrière du cheval). L’éclairage de la piste est suffisamment puissant pour avoir des conditions de photographie acceptables sans utilisation de flash (interdit pendant la course !).

Matériel utilisé

Olympus EM1, Olympus Zuiko 75 mm (150 mm en équivalent 24x36). Pour obtenir un gros plan, nous avons utilisé un « petit » téléobjectif, capable d’une assez grande ouverture, fort utile dans ces conditions (nuit et action).

Réglages

  • Ouverture à f/1,8 : plus grande ouverture disponible sur l’objectif. Cette grande ouverture autorise des vitesses élevées, ce qui réduit la profondeur de champ et par voie de conséquence, créer des zones flous qui vont accentuer l’impression de mouvement.
  • Vitesse de 1/800 s : vitesse élevée pour figer le mouvement sans toutefois supprimer totalement l’effet de filé, comme pour donner l’impression d’un regard furtif.
  • Focale fixe de 75 mm : focale permettant de « s’approcher » de l’action par son pouvoir de grossissement.
  • Balance des blancs réglée sur « auto ».
  • ISO à 1600 : sensibilité fixée à 1600 ISO, ce qui sur les appareils récents ne pose pas de problème particulier, il est de plus assez simple et rapide de réduire le bruit en post-production. Cette sensibilité ISO fixée à 1600 permet d’avoir une grande liberté dans le choix de la vitesse et de l’ouverture.
  • La mise au point est placée sur le cheval n°4, c’est le cheval que regarde notre jockey imaginaire, son concurrent direct.

Format et mise en scène

La scène est partielle, les chevaux sur les bords gauche et droit du cadre sont coupés, cela renforce sensiblement l’effet d’immersion, l’impression d’être au cœur du groupe de chevaux, il est même possible d’imaginer qu’il y a encore des chevaux de l’autre côté de l’objectif !

Post-production

Petit traitement visant à réduire le bruit, le boitier étant très efficace avec des sensibilités élevées, cette réduction est très légère. De la clarté (micro-contraste) a été ajoutée sur les muscles des chevaux, pour renforcer les efforts produits. Les noirs du ciel ont été augmentés pour renforcer l’intensité de la nuit.

En résumé

Pour être au cœur de l’action, il faut d’abord montrer...l’action. Dans le sport par exemple, l’action, c’est avant tout le geste et pas forcément l’athlète qui le pratique. En utilisant le gros plan, on isole plus facilement ce geste : des mains qui attrapent un ballon, une raquette qui frappe une balle... La netteté de l’action et l’impression de mouvement sont aussi essentielles pour apporter à l’action toute sa spécificité.
D’un point de vue réglages, il faudra utiliser une grande ouverture associée à une vitesse élevée et privilégier l’usage d’une longue focale, pour être le plus près possible de l’action.